Dali a-t-il dessiné ses fabuleuses montres molles en pensant aux Dirigeants et aux Managers ?

Salvador Dalí. La persistance de la mémoire. Musée d’Art Moderne de New York- 1931-

Dali, à travers son concept de montres molles, permet de faire un parallèle étonnant avec les comportements des individus. Dali a illustré, de manière fortuite, le rapport entre des Hard skills (compétences dures) et les Soft skills (compétences douces), et la difficulté que cela peut représenter que de faire cohabiter ces deux capacités majeures.

Le fabuleux dessin de Dali, illustre ce paradoxe.

Autrement dit, l’enjeu pour un Dirigeant ou un Manager, est de coller parfaitement au terrain, de coller à la réalité du monde qui l’entoure, comme le font si bien les montres molles de Dali, tout en parvenant, si possible, à donner l’heure exacte en toute circonstance !

Les Hard skills pour un Dirigeant ou un Manager sont l’ensemble des compétences mesurables qui constituent ses capacités managériales : gestion de projet, objectif, contrôle, sanctions (positives ou négatives), compétences techniques… Les Hard skills sont toutes les capacités qui s’appuient sur le cerveau rationnel. Ce sont celles qui sont enseignées et mesurées dans les écoles ou dans les formations au sein des entreprises.

Cependant, il y a chez chaque individu, cette part molle, cette part d’irrationnel diront certains, souvent imprévisible, qui, en fonction des événements et du vécu de la personne, va pousser cette dernière à agir ou réagir de manière plus ou moins forte, de manière plus ou moins bien adaptée, et donc de manière plus ou moins rationnelle et rentable pour elle et/ou pour les autres.

Comme les montres de Dali, aux contacts des évènements qui surgissent, les individus épousent, avec plus ou moins de bonheur, leur environnement. Pour cela, ils se plient aux émotions suscitées, au sein d’un cerveau émotionnel 10 fois plus rapide que leur cerveau rationnel.  Comment assurer dans ce cadre-là, que les aiguilles du rationnel et de la responsabilité puissent, malgré tout, réussir à tourner rond et à indiquer la bonne heure ?

En conséquence, y-a-t-il une caractéristique de la mécanique intérieure des individus qui leur permettrait de fonctionner harmonieusement et d’indiquer la bonne heure en toutes circonstances ? En fait, il en existe une. C’est une caractéristique dure, puisqu’on peut l’évaluer (peut-être dans un prochain article), cette caractéristique indispensable au bon fonctionnement des capacités molles des individus s’appelle la maturité.

La maturité est la capacité à agir de manière responsable et autonome. Cette capacité implique que l’individu sache gérer ses émotions, plutôt que d’être piloté par elles. Aucun enseignement dur ne peut résister à la force des émotions générées par la peur, la dépendance, la rivalité, l’égocentrisme… qui mettent l’individu en agitation.  Les individus qui sont dans l’agitation voient deux de leurs facultés principales régresser significativement : leur QI et leur capacité d’écoute. Lorsque ces deux capacités sont fortement altérées, elles mettent la personne en incapacité d’agir de manière efficace. La montre n’est plus synchrone, elle déraille tout comme l’individu.

Certains pourraient opposer qu’il suffirait de chercher à être des montres plates, autrement dit qu’il suffirait de masquer ses émotions, de mettre le couvercle dessus. Mais ce doux rêve est aussi déconnecté de la réalité que celui du serpent qui rêverait d’être aussi droit qu’un bâton sous prétexte qu’il a mal au dos.

Nos émotions, nos capacités molles sont essentielles, indispensables, c’est elles qui nous mettent en mouvement (désir) et qui nous permettent, en toute circonstance, de nous adapter à notre environnement et ses nécessités. Notre capacité à les maitriser est donc un enjeu majeur de notre équilibre dans le monde qui nous entoure.

En conclusion, nous sommes des êtres comparables aux montres molles de Dali. Cette représentation nous indique la nécessité de ne pas découpler les Soft skills des Hard skills, sous peine d’obtenir, et donc de constater des résultats médiocres au sein des organisations qui ne sont pas conscientes de la nécessité d’une approche globale.

Travailler les Hard skills est indispensable, mais il serait souhaitable de prendre conscience que ce n’est pas suffisant, sauf à être dans le déni de la réalité, que nous montre ce peintre extraordinairement visionnaire qu’a été Dali.

Dominique Gavotto

Dominique Gavotto

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